
Parce que c’est vraiment mort au travail ce soir et que je veux m’amuser un peu…
Ce chapitre sera le dernier concernant la présentation des personnages, je crois savoir ou aller pour le reste de l’histoire
Je cris, mais on ne m’entends pas.
Je pleure, mais on ne me conforte pas.
Existe-je vraiment?
Ambroise n’était pas si vieux mais il avait le visage d’une personne ayant vécu plusieurs aventures. Toute sa vie avait été plutôt merdique et pourtant, sur son visage se dessinait parfois un sourire franc. Il n’avait plus de parents. Il n’avait pas de famille, il vivait seul dans un petit appartement plutôt désuet. Il n’avait pas fini son secondaire et changeait constamment de travail parce qu’il n’aimait pas la routine. Il faisait rarement contact avec ses collègues puisque l’amitié n’avait pas grand importance pour lui. Malgré son manque d’éducation, il avait un très bon vocabulaire et adorait lire des livres. Il aimait s’imaginer ailleurs, dans un autre corps le temps de sa lecture. Il avait toujours un livre sous le bras, comblant ses moments neutre par un bon moment de lecture. Il savait ne pas avoir le talent de l’écriture, il avait déjà essayé, mais il aimait particulièrement se mettre dans la peau de cet auteur qui essayait de passer un message à ses lecteurs.
Souvent, la nuit, il se réveillait en sueur après des images particulièrement percutantes. Au moins une fois par semaine, il cauchemardait à la même scène qui roulait en boucle. Il se voyait accoté sur un mur de brique, éclairé comme un prisonnier en cavale devant un homme en habit noir le menaçant d’un fusil. Il ne savait trop si cette scène lui était déjà arrivé, il avait vécu tant d’événement étranges qu’il avait de la difficulté à distinguer le vrai du faux. Même si la scène ne se serait jamais passé, il était quand même traumatisé par la scène, il ne savait trop pourquoi il était autant affecté mais il se sentait fichetrement mal lorsqu’il rêvait à cette scène. Toute la journée d’après, il se sentait marabout, grognon et était constamment sur le qui-vive comme si son rêve était une prémonition.
Il changeait constamment de travail le jour, certes, mais le soir, depuis 2 ans, il avait le même ‘travail’. Pour lui, ce n’était pas vraiment du travail, c’était plus un jeu. Se transformer en femme dans ce club très populaire lui plaisait intensément. C’est d’ailleurs lorsqu’il pensait à son métier qu’un sourire se dessinait sur son visage. C’est sur scène, coiffé et attriqué comme une femme qu’Ambroise se sentait vivre, c’était son exutoire. Sous le pseudonyme d’Amber, il laissait tomber son inhibition et sa timidité pour laisser place à une tigresse sans remords. Ambercommençait à se faire une réputation dans de club et ça le flattait d’être en quelque sorte, idolâtrer. Il aimait son alter-ego mais n’aurait jamais étaler son personnage à l’extérieur de ce temple de la marginalité. Malgré tous les frenchs-kiss que donnait Amber, Ambroise ne savait trop de quel côté de la clôture il était. Il avait eu plusieurs expériences avec plusieurs personnes, parfois en même temps, mais il n’avait jamais eu d’expérience concluante. D’ailleurs, il n’avait baisé que dans ce club, sous son costume de Drag-queen. Il n’aurait jamais été capable de baiser sous sa véritable identité, du moins pas pour le moment. Pour lui et elle, le sexe était aussi une prestation, il se donnait en performance à l’autre. Baiser avec quelqu’un sous son vrai jour, il en était incapable, il devait livrer une partie de lui et la seule partie de lui qui était capable de se donner corps et âme était Amber.
Personne dans son entourage ne savait ce qu’il faisait comme travail le soir. Et il ne voulait pas que ça se sache. Même s’il avait beaucoup de plaisir à jouer, il avait quelque peu honte de se déguiser en femme pour épater la galerie. Il s’était construite une image d’homme hétéro quelque peu machiste pour cacher sa véritable personnalité. Même, s’il se savait homme, il se sentait extrêmement inconfortable dans son corps. Il était beau, bien construit et pourtant il sentait qu’il manquait une partie à lui qu’il ne retrouvait que le soir dans le corps de cette autre personne. Il n’aurait certainement pas aimé être une femme tous les jours mais c’était sous cette apparence qu’il se sentait vraiment vivant.
Un soir, alors qu’elle se donnait en spectacle, elle vit une personne magnifique devant elle. Elle n’avait jamais vu un être aussi parfait. Elle s’imaginait dans ses bras tout chaud et se sentit fondre lentement. Elle ne savait le nom de cette personne, son orientation, son statut social mais ce qui était sûr dans sa tête, c’est qu’elle baiserait avec cet homme cette nuit. Son alter-ego féminin avait prit toute la place et il ne pouvait y résister.